Pourquoi certains enfants font-ils plus de colères avec maman qu’avec papa ?
Un enfant peut réagir différemment avec chacun de ses parents, sans que cela mesure leur compétence ou leur amour.

Avec papa, tout semblait calme. Maman arrive, et les pleurs commencent : cette situation peut dérouter et décourager. Pourtant, les enfants ne font pas systématiquement davantage de colères avec leur mère. Lorsqu’une différence existe, plusieurs facteurs peuvent se combiner, sans qu’une explication unique suffise.
Des différences observées, mais aucune règle universelle
Une étude publiée en 2021 a observé 158 jeunes enfants confrontés à des situations de frustration, avec chaque parent séparément. Dans ce cadre, les enfants toléraient plus longtemps la frustration et restaient moins longtemps frustrés avec leur père.
Le niveau de frustration ne différait toutefois pas entre les deux parents. Ces résultats ne démontrent donc pas que tous les enfants font davantage de crises avec leur mère au quotidien, ni que les pères savent naturellement mieux les calmer.
Les moments passés ensemble peuvent changer la situation
Les colères des jeunes enfants surviennent plus facilement lorsqu’ils ont faim, sont fatigués ou doivent interrompre une activité agréable. Le parent présent à ces moments peut donc rencontrer davantage de difficultés.
Si maman assure souvent le retour de la crèche, le repas et le coucher, elle peut être davantage exposée à ces situations. C’est une piste à examiner dans chaque famille : les mêmes difficultés peuvent concerner papa lorsqu’il accompagne ces moments du quotidien.
La sécurité affective n’explique pas automatiquement les crises
On entend souvent qu’un enfant « se décharge avec maman parce qu’il se sent en sécurité ». Cette interprétation peut sembler rassurante, mais elle ne doit pas devenir une certitude attribuée à chaque colère.
Une crise ne prouve ni un attachement plus fort à la mère, ni un manque de confiance envers le père. Dans l’étude citée, un attachement plus sécurisant à la mère était associé à une meilleure tolérance à la frustration et à une durée de frustration plus courte.
Les réactions des adultes comptent aussi
Les parents peuvent avoir des habitudes différentes pour annoncer une transition, poser une limite ou répondre aux protestations. L’enfant apprend progressivement à quoi s’attendre avec chacun, alors que sa capacité à gérer ses émotions reste en construction.
Comparer les situations aide davantage que comparer les parents. Pendant quelques jours, observez l’heure, le sommeil, le dernier repas et ce qui précède la crise. Discutez ensuite de quelques règles communes, simples et adaptées à son âge, sans chercher un responsable.
Accompagner l’émotion tout en maintenant une limite
Pendant la colère, sécurisez l’espace et parlez calmement avec peu de mots. Vous pouvez reconnaître l’émotion tout en interdisant les gestes dangereux : « Tu es très en colère. Je ne te laisserai pas taper. »
Après l’apaisement, aidez l’enfant à nommer ce qu’il ressent et à trouver une autre manière de demander. Si les crises deviennent dangereuses, très fréquentes ou perturbent durablement sa vie familiale et sociale, parlez-en au pédiatre. Le but est de comprendre ses besoins et de soutenir les parents, ensemble.
