Pourquoi garde-t-on des vêtements qu’on ne porte plus jamais ?
Certains vêtements quittent nos habitudes, mais restent des années dans nos placards.
Un jean devenu inconfortable, une robe de fête, un pull démodé : nous savons parfois que nous ne les remettrons probablement plus. Pourtant, au moment de les donner, quelque chose nous retient. Leur utilité ne suffit pas à expliquer la place qu’ils occupent : ils peuvent aussi représenter des souvenirs, un investissement ou une possibilité à laquelle nous tenons encore.
Ils nous rappellent une période de notre vie
Une veste portée pendant ses études ou une tenue choisie pour une rencontre peut devenir un souvenir tangible. La regarder rappelle parfois une personne, un lieu ou une époque avec une précision particulière.
Les recherches sur les possessions sentimentales montrent que certains objets sont liés à notre mémoire et à notre identité. S’en séparer peut alors donner l’impression de perdre un lien avec son histoire, même si les souvenirs ne disparaissent pas avec le vêtement. Ce sentiment peut expliquer pourquoi une pièce sans utilité pratique conserve une grande valeur personnelle.
Nous imaginons encore pouvoir les remettre
« Quand j’aurai une occasion », « si ma taille change », « quand ce style reviendra » : certains vêtements restent disponibles pour un avenir imaginé. On ne les garde pas uniquement pour ce qu’ils sont aujourd’hui, mais pour ce qu’ils pourraient permettre demain.
Une étude consacrée aux vêtements qui ne correspondent plus au corps actuel a notamment identifié les raisons liées au poids parmi les motifs de conservation. Cela ne signifie pas que chaque vêtement trop petit traduit un mal-être. Il peut simplement témoigner d’un espoir, d’une hésitation ou d’une décision que l’on préfère remettre à plus tard.
Le prix payé rend parfois le départ difficile
Un manteau coûteux à peine porté peut susciter une pensée tenace : « Ce serait dommage de m’en débarrasser. » Le conserver semble préserver l’achat, même lorsqu’il reste inutilisé depuis longtemps.
La valeur d’investissement et l’attachement esthétique figurent aussi parmi les raisons relevées dans cette recherche. On peut garder une pièce parce qu’elle est belle, bien coupée ou fabriquée dans une matière appréciée. Le plaisir de la posséder peut donc subsister après l’envie de la porter.
Une photographie peut aider à préserver le souvenir
Si vous souhaitez faire du tri, commencez par identifier ce qui vous attache réellement à chaque pièce. Est-ce son histoire, sa beauté, une utilisation encore plausible ou surtout le regret de l’achat ?
Pour un vêtement sentimental, prendre une photographie et noter le souvenir associé peut être une option. Des travaux ont montré que préserver ainsi la mémoire d’un objet pouvait faciliter son don, sans garantir le même effet pour chacun. Vous pouvez aussi choisir de conserver quelques pièces particulièrement importantes dans une boîte dédiée.
Il n’est pas nécessaire de vider son placard pour bien faire. L’essentiel est de choisir ce que l’on souhaite garder, plutôt que de traiter chaque vêtement inutilisé comme une obligation ou une faute.
Sources : Bye et McKinney, Fashion Theory, 2007 ; Winterich, Reczek et Irwin, Journal of Marketing, 2017.
